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Squeeze et coup à blanc, vos nouveaux amis

Préambule

Dans le billet de Janvier je vous expliquais comment utiliser la technique du « compte de main » pour briller en soirée. Aujourd’hui, on remet le couvert avec deux nouveaux maniements, le squeeze et le coup à blanc. Quelques rappels déjà sur les règles de base du bridge si vous débutez:

La donne

Comme dans l’article précédent, le contrat que vous jouez ici est 6SA. Il vous faut donc faire au moins 12 plis sur les 13 disponibles ou autrement dit, ne perdre qu’une levée.

Votre adversaire de gauche entame petit carreau, comment comptez-vous vous y prendre pour faire ce contrat ?

Essayons d’anticiper la suite et comptons nos plis sûrs.

  • A Pique, nous en avons 4.
  • A Coeur, nous en avons 3.
  • A Carreau, nous en avons 2.
  • A Trèfle, nous en avons 2.

4+3+2+2 faisant 11, il vous faut donc à présent trouver un plis quelque part.

La théorie

Intéressons-nous aux Trèfles (7 au total avec votre partenaire). Comme il y en a 13 en jeu, s’ils sont répartis 3-3 chez les adversaires vous allez faire le quatrième plis du 4.

Avant de jouer précipitamment cette couleur, prenons néanmoins quelques instants pour réfléchir. En effet, il est tentant de jouer As et Roi de Trèfle puis petit Trèfle. Cela fonctionne très bien si les Trèfle sont 3-3. En revanche, en cas de répartition 4-2 vous allez très vite déchanter.

lestrefles

Vous vous apercevez ici que l’adversaire de gauche va jouer tranquillement le 5 et le 7 au deux premiers tours puis au troisième établira Valet et Dame (autrement dit votre contrat est mort, game over).

Ainsi, pour parer à toute éventualité, vous allez donc utiliser ici un maniement un peu spécial, le coup à blanc!

coup a blanc

Au lieu de tirer avec une vraie balle (c’est à dire une grosse carte qui assure le pli) on tire à la place une balle à blanc (c’est à dire une petite carte nulle qui va se faire prendre). Le tout dans le but de forcer les adversaires à défausser des cartes un peu plus fortes.

Jouez donc au premier tour un petit Trèfle qui va être pris par l’un de vos adversaires.
Une fois la main récupérée, vous ferez ensuite tranquillement les trois autres plis de Trèfle.

La pratique

Comme convenu, vous jouez donc le 4 de Trèfle, pris du 10 par l’adversaire de droite qui rejoue alors Carreau. Après avoir pris du Roi, vous faites un deuxième et troisième tour de Trèfle… Et là patatra! L’adversaire de droite défausse. Autrement dit, ces sacrés Trèfles étaient effectivement répartis 4-2 (certes je vous avais un peu spoilé avec l’histoire du coup à blanc).

La position actuelle:

posactuelle1

Bon, je ne vous cache pas que cela sent un peu le sapin. A première vue, on voit en effet difficilement comment ne pas perdre un Coeur.

Vu qu’il n’y a à priori plus aucune chance de faire de plis à Trèfle et à Carreau vous allez donc défiler tous vos Piques et vos Coeurs. Gardons néanmoins un oeil sur l’adversaire de gauche, celui qui garde le dernier Trèfle. A Pique, il fournit deux fois puis défausse un Carreau et un Coeur.

La position après avoir défilé les Piques:

posactuelle2

Vous jouer donc à présent tous vos Coeurs… Et là miracle, au dernier tour le 3 de Coeur est maître! Que diable s’est-il donc bien passé??

Le squeeze king size

Pour comprendre la situation revenons quelques instant en arrière, au moment où vous jouez le dernier Pique. Voici les quatre jeux:

dernierPique

Votre adversaire de gauche est alors dans une situation très inconfortable! Soit il défausse la Dame de Trèfle et vous vous empressez de faire le dernier plis dans cette couleur avec le 9 soit il défausse un Coeur. Se faisant, il vous permet de réaliser quatre levées de Coeur! Vous avez donc là un excellent exemple de squeeze: un, voir les deux adversaires se trouvent dans une situation où ils ne peuvent garder deux couleurs à la fois sans refiler une levée. Les quatre jeux:

lesquatresjeux copy

Conclusion

Le squeeze est vraisemblablement un des coups les plus impressionnants au Bridge. Il requiert une bonne anticipation, un excellent sens de l’observation et une bonne dose de chance aussi (le squeeze ci-dessus ne fonctionne que parce que l’adversaire de gauche a effectivement 4 Coeur et 4 Trèfle).

giphy

Préparation d’un squeeze, allégorie

Comme le sujet est vaste, je vous ferai sûrement un article à part entière sur la question (comment les preparer, les visualiser, etc.). So, stay tuned ;-).

Pour cet article je me suis inspiré d’une donne que j’ai joué sur FunBridge. L’unique différence tient au positionnement des Carreaux: de manière à simplifier, j’ai remplacé la Dame par un Roi chez mon partenaire. Ci-dessous, la donne complète avec le fameux coup à blanc et le squeeze.

QUELQUES COMMENTAIRES PAR RAPPORT À LA DONNE DE FUNBRIDGE:

Vous remarquez que l’entame Carreau m’aide énormément. Sans elle, j’aurai eu en effet bien du mal à établir deux plis dans cette couleur. Ensuite, quand les adversaires reprennent la main après le coup à blanc à Trèfle, l’adversaire de droite rejoue sous son roi. Plutôt que de jouer l’As j’aurais pu aussi tenter de laisser passer et gagner avec la Dame.

Enfin, pour le coup à blanc, il n’était pas non plus nécessaire d’attendre le second tour de Trèfles pour l’executer.

How I used “Push by Zapier” to publish WordPress articles in one click

You might have noticed that I recently updated Idea factory.

For those who never visited this section of the website, Idea factory is a space where I am saving all the links / articles / medias that I found interesting.

On the technical side, Idea factory relies on WordPress, the super popular content management system. One big constraint with this CMS though, is the time to publish!
Consider this. To create an article I will have to:

  1.  Connect to WordPress
  2. Press « Add new article »
  3. Find a cover picture on the web
  4. Upload the cover picture
  5. Write the article
  6. Then finally click publish

End-to-end, the whole process can easily takes me more than 10 minutes!

So, I asked myself, how can I make this fits in less than 1 minute?

Challenge accepted

(Spoiler Zapier was the answer)

Zap what?

To present it briefly, Zapier is a platform as a service which gives you the ability to automate different tasks by connecting multiple services together.

For example: If I am sending a tweet with a specific hashtag (the trigger), then Zapier will post a new status for me on Facebook (first action) and also save the associated media on my Google drive (second action).

It’s worth mentioning that in Zapier, you can combined an unlimited amount of steps (not like IFTTT for instance ), write you own code or even push notifications directly from your browser using a dedicated Google Chrome extension!

If this do that and that and that and that and …

Let’s now come back to our initial problem and look at the general solution I put in place.

Step 1

Zapier trigger

As I explained earlier, if you install the Zapier Google Chrome extension you are given the ability to run a specific task on any webpage.

On the background, this is what happens the Chrome extension button is clicked:

  • Zapier will start the task.
  • Pass the page title I am on,
  • Pass the page URL,
  • Pass an optional text argument.

Zapier chrome extension


Step 2

custom code

This second step is a little bit more complex as it uses a custom code section.

Step 2

If you are not « Javascript fluent », let’s simplify and say that the function above checks whether or not the user sent a text input in step 1.

If the code is finding a text occurence, it returns it, otherwise it uses the page title.


Step 3

step 3

For this third step, I am using an external service: Apify.

This platform provides the ability to create web crawlers on the fly which are going to scrap the whole content of a given page.
As an input I am feeding my crawler with the URL retrieved in step 1. And on the Apify side, this code is executed on the page where the crawler runs:

See the Pen RMwaqB by Adrien Rahier (@FracArt) on CodePen.0

At first glance, this seems like a complicated piece of code. However, if you look closer the only thing I am doing here is getting the cover image of the webpage and the page description.


STEP 4

Step 4

The previous operation is going to take a couple of seconds to run. So, just to make sure that the process is now over, I am delaying the rest of the execution for 1 minute.


STEP 5

Step 5

Apify should now be done. Time to get back the results.


STEP 6

Step 6

Let’s now create an article using the WordPress API.

As a title I am passing the result of step 2. For the content and excerpt I am giving the results of the crawler (step 5).

Title

Wordpress content


Step 7

 Step 7

Finally, just to confirm that everything went fine I am pushing to myself a Slack notification with the link to the article.

Conclusion

We have seen in this article how I used Zapier to avoid the long and repetitive task of creating WordPress articles again and again.

If you have any questions regarding this workflow I am more than happy to share additional details.

Also, if you have other ideas of tasks that could be automated, feel free to leave a comment.

Un exemple de compte de main au bridge

This article is also available in English at this address.

Il y a peu, je me suis procuré le fantastique bouquin de Pierre Saporta, « Jouez un tournoi avec moi« .

L’idée de cet ouvrage est à la fois très simple et très séduisante. Vous jouez un tournoi dans l’équipe de Pierre Saporta (champion de France multirécidiviste) et à la fin de chaque tour celui-ci vous livre son analyse et ses conseils.

Disons-le tout de suite, cet ouvrage n’est pas à la portée du premier venu. Ce livre pose en effet comme grand principe de base, le fait que vous sachiez déjà jouer (très correctement) au bridge.

Comme je trouvais dommage que ce livre se limite à cette audience j’ai eu l’idée d’écrire cet article qui vous donnera, j’espère, une meilleure idée de l’élégance des problèmes résolus au bridge.

Avant d’attaquer, découvrons quelques règles de base :

Le bridge n’étant pas vraiment un des jeux les plus simples à maîtriser en termes de règles, je vais ici simplifier au maximum.

Voici donc l’essentiel de ce qu’il vous faut savoir avant de lire la suite :

  • Le bridge se joue à deux contre deux.
  • A chaque tour de cartes (appelée donne), vous jouez un contrat. Un contrat correspond à un nombre de plis à réaliser. Si vous faites plus de plis que prévu, tant mieux, il vous sera accordé des points supplémentaires. Sinon vous chutez.
  • Au bridge, vous disposez de 13 cartes par joueur et l’ordre est As, Roi, Dame, Valet, 10, 9, etc. Cependant, contrairement à d’autres jeux comme la belote ou la coinche, ce qui importe ici c’est uniquement le nombre de plis que vous réalisez et non pas le nombre de « points » faits au total. En suivant ce raisonnement, vous aurez donc compris que remporter les plis avec un As ou un 4 revient au même.
  • Après avoir décidé d’un contrat, le jeu commence et l’un de vos adversaires entame. Votre partenaire étale alors son jeu face visible devant lui (!). Ainsi, pendant tout le reste de la partie, les trois autres joueurs vont donc voir son jeu et lui devient inactif. C’est donc à vous, son partenaire, de lui dire à chaque tour quelle carte jouer.

Le problème

Sans rentrer outre mesure dans les détails sachez simplement que pour cette donne, nous avons décidé avec mon partenaire de jouer le contrat de 6SA¹.

En langage moldu, cela veut donc dire réaliser 12 plis sur les 13.

Entame Valet de Pique, votre partenaire étale comme prévu toutes ses cartes devant lui et attend patiemment vos instructions.

Voici vos deux jeux :

Sur cette figure, vous êtes en bas. Personne, mis à part vous, ne voit votre jeu. En revanche, tout le monde voit le jeu de votre partenaire (en haut sur la figure). De votre côté, vous ne voyez pas non plus les jeux de vos adversaires.

Les joueurs jouent chacun leur tour dans le sens des aiguilles d’une montre et celui qui remporte le pli rejoue.

Que dites-vous à votre partenaire de jouer pour réaliser les 12 plis du contrat ?

La solution simple

La theorie

Essayons d’imaginer un peu ce qui va se passer :

  • A Pique, vous allez très certainement prendre le Valet de vos adversaires et faire trois plis.
  • A Cœur, vous ne savez pas trop où est le Roi de Cœur donc vous ne pouvez compter que sur un pli sûr pour le moment.
  • A Carreau, vous avez trois plis sûrs.
  • A Trèfle, vous avez trois plis sûrs de nouveau.

3+3+3+1 = 10. Il vous manque donc deux plis pour réaliser votre contrat. Où allons-nous les trouver ?

Vous avez peut-être deviné que la réponse se trouve à cœur : si le Roi de Cœur est à votre droite, il y a de grandes chances que vous fassiez votre contrat.

Dans le détail :

Au premier tour de cartes, imaginons que vous preniez le Valet de Pique avec l’As de votre partenaire. A lui de rejouer. Demandez-lui à présent de jouer le 2 de Cœur.

  • Si votre adversaire de droite (celui dont on suppose qu’il a le Roi de Cœur) joue effectivement son Roi, vous couvrez de l’As et faites votre contrat (vous faites en effet les deux plis supplémentaires qui vous manquaient à cœur avec la Dame et le Valet).
  • Si votre adversaire de droite s’entête en revanche à jouer un petit, vous allez jouer le 10 de votre main et espérer faire le pli.

La pratique

En pratique, votre adversaire de droite pose le 4 (on est donc dans le deuxième cas). Vous jouez comme prévu le 10 et votre adversaire de gauche pose le 5. Vous faites donc le pli.

L’idée ici est de répéter la manœuvre pour forcer l’adversaire à poser son roi ou mettre un petit. Vous devez donc retourner chez votre partenaire via Pique pour pouvoir rejouer le trois de Cœur de sa main. Encore une fois, l’adversaire de droite joue un petit (le 9 de Cœur) et vous faites le pli avec la Dame.
Avec l’As de Cœur vous comptez à présent 12 plis, votre contrat est fait.

Lifehack pour pouvoir briller en soirée : cette manœuvre au bridge s’appelle « faire une impasse ».

true story

Le coup du genie

Jusque-là, rien de très compliqué, il vous a suffi d’un peu de jugeote (et aussi d’un peu de chance) pour faire votre contrat. La grande majorité des joueurs vont d’ailleurs aligner 12 plis sur ce coup.

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Maintenant, vous qui êtes jeune, talentueux et avide de gloire, pourquoi ne pas envisager de maximiser vos chances d’en faire 13/13 ?

La théorie

Déjà, vous aurez peut-être remarqué que j’ai utilisé le terme « maximiser ». Il existe en effet plusieurs moyens d’arriver à faire 13 levées.

  1. Vous avez 7 Trèfles à vous deux avec votre partenaire. Une couleur comptant 13 cartes, il en reste donc 6 ailleurs. Or, si ces cartes sont réparties 3-3, au quatrième tour de Trèfle votre dernière carte fera le pli.
  2. Même chose à Carreau : si les cartes adverses sont bien réparties, c’est gagné.
  3. Enfin, toujours à Trèfle, vous pouvez aussi utiliser la même manœuvre que dans la section précédente et espérer trouver le Valet de Trèfle à votre droite.

Voyons donc à présent comment l’on peut cumuler ces chances.

Sans trop se mouiller, on peut d’ores et déjà se dire que l’on ne prend aucun risque à faire trois tours de Carreaux pour voir la répartition. Au pire, s’ils ne sont pas bien répartis,, on se rabattra sur les Trèfles.

Justement les Trèfles, parlons-en. Votre objectif pour faire 13 levées va être de savoir s’il vaut mieux miser sur une répartition ou sur une impasse. Vous vous concentrez et comptez donc méticuleusement toutes les cartes de votre adversaire de gauche pour essayer de savoir combien il avait de Trèfles.

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En pratique

Voici ce qui se passe à la table :

  • A Pique, votre adversaire de gauche fournit trois fois tandis que son partenaire défausse au troisième tour. Il avait donc 5 Piques.
  • A Cœur, il fournit deux fois puis défausse un pique. Il avait donc 2 Cœurs.
  • A Carreau il fournit deux fois puis défausse un Trèfle. Il avait donc 2 Carreaux (et donc, vous ne pouvez plus compter sur une répartition 3-3 des Carreaux).
  • A Trèfle, il fournit deux fois …

Il vous reste deux cartes à jouer. Voici la position. Alors impasse ou répartition ?

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Si vous avez bien suivi, à ce stade du jeu, vous pouvez déduire que votre adversaire de gauche avait 4 Trèfles (13 cartes totales – (5 à Pique + 2 à Cœur + 2 à Carreau)).

Par inférence, cela veut donc dire que vous pouvez faire une croix sur la répartition 3-3 des Trèfles pour faire le dernier pli.

La bonne nouvelle en revanche, c’est que l’on a déjà joué deux tours de Trèfle et que votre adversaire a en plus défaussé un autre Trèfle sur un Carreau.

(4 cartes en main – 3 déjà jouées) = votre adversaire de gauche n’a donc plus qu’un Trèfle en main!

L’autre adversaire n’ayant plus de Trèfle (la répartition étant 4-2), vous n’avez donc plus aucune inquiétude à avoir.

Vous jouez tranquillement votre 4 de Trèfle, le Valet tombe comme prévu, pris de la Dame ². Votre dernier Trèfle est maître. Vous marquez 1020points sur ce coup. Joie, folie et allégresse dans la foule en délire !

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Les quatre jeux :

Conclusion

Vous voyez donc ici le côté diabolique de la chose. Avec un petit peu de logique, vous avez pu reconstituer entièrement le jeu d’un de vos adversaires sans même l’avoir vu !

Bref, si l’exemple vous a plu, n’hésitez pas à partager cet article. Vous verrez, le bridge au-delà des clichés, c’est fort sympatique.

¹ 6 SA signifie 6 « sans atout ». Au bridge, il est en effet possible de jouer aussi avec une couleur (parmi Trèfle, Carreau, Cœur, Pique) prévalant sur les autres: un atout. Dans notre cas, c’est très simple, il n’y a pas d’atout. Chaque couleur à la même valeur.

² Vous aurez d’ailleurs peut-être noté que si votre adversaire de gauche n’avait pas défaussé un Trèfle sur un Carreau (et avait toujours deux Trèfles à la fin), vous auriez simplement joué le 10 de Trèfle (encore une impasse !) puis la Dame au dernier tour. Imparable !

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