Et l’Histoire se répéta.

Après le référendum européen en 2005 en France, c’est une fois de plus la victoire du « Non » qui a éclatée jeudi dernier en Angleterre.

Pour être tout à fait honnête, jusqu’à la publication des résultats je n’ai jamais vraiment voulu croire à une telle éventualité. Comment le camp du Brexit avec sa cohorte d’arguments démagogues et trompeurs pouvait-il l’emporter? Les gens n’allaient pas être assez idiots pour voter non n’est-ce pas?
Force est de le constater : je me suis lourdement trompé! Ce vote m’a d’ailleurs confirmé une chose : quel que soit le pays d’Europe, les gens ont peur de l’avenir.

Pourquoi je crois en nous, l’Europe.

Déjà replaçons un petit peu le contexte. Je suis né en 1990, n’ai pas connu le mur de Berlin et me rappelle vaguement avoir utilisé le franc à un moment donné.

Aujourd’hui ce que je constate c’est que quelque soit le pays d’Europe la classe politique est aux abois, une grosse partie de la population est complètement réac’ / angoissée / raciste / you name it … et surtout, surtout il y a une réelle défiance vis à vis des institutions politiques et financières.

Comme un certain nombre de jeunes de ma génération (il est vrai, peut-être parmi les plus aisés) j’ai pourtant bénéficié d’énormes avantages suite à cette intégration Européenne :

  • La possibilité de voyager, d’aller voir ailleurs si bon me semble. Je me trouve aujourd’hui aux Pays-bas¹, cependant si demain l’envie m’en prenait je pourrais aller travailler en Belgique, Espagne, Allemagne.
  • Culturellement j’ai eu la chance de rencontrer plein de personnes dans pleins de pays (inter ou extra Europe) grâce à une langue commune : l’Anglais!
  • Les échanges avec d’autres universités m’ont été facilités (Eramus inside).
  • Quand un de nos gouvernements fait passer un truc limite niveau législatif, il y a toujours un recours devant la cours européenne possible.
  • L’Euro! La majorité des pays a adopté une monnaie compétitive, forte et surtout qui nous évite d’avoir à en changer à chaque fois que l’on passe une frontière.

Plus généralement si l’on y pense il y a en fait énormément de détails de nos vies quotidiennes qui nous semblent aujourd’hui naturels mais qui ne l’étaient pas il y a vingt ans.

Ce qu’il faudrait changer pour que cela marche

Le référendum au Royaume-Unis l’a montré. L’Union Européenne est loin de faire l’unanimité parmi ses citoyens.

Etant citoyen français, je vois les choses évidemment sous un prisme un petit peu différent que nos voisins. Après réflexion voici néanmoins quelques propositions sur lesquelles plancher de manière à améliorer ce sentiment d’appartenance à l’Union Européenne.

Jusqu’à présent en effet jamais je n’ai eu l’impression d’appartenir à l’UE (et pourtant je suis un pro-européen convaincu, vous imaginez pour les autres …). En outre, c’est quand même fou de se dire que jamais je n’ai été fier de dire à quelqu’un « Oui mais c’est parce que je suis Européen #tuvois ».
Beaucoup de français (comme c’est d’ailleurs le cas au RU) vantent leur indépendance, leur patriotisme. Pourquoi le pendant n’est-il jamais le même avec l’UE ?

Voici donc plusieurs idées concrètes pour penser global et non plus par pays :

  • Au 20h, à la télévision, ne plus se focaliser sur l’info France mais mettre l’accent sur l’international, l’Europe. Intégrer des chaînes en anglais aussi serait une bonne idée!
  • Organiser des opérations de communications efficaces pour promouvoir les autres pays (ex service civique dans un autre pays de l’UE, aide financière pour les personnes à petit revenu souhaitant travailler dans un autre pays). Vous noterez que mot efficace est ici important.
    Cela fonctionne bien avec d’autres sujets d’ordre public (certes un peu différents) comme le tabagisme pourquoi cela serait-il différent avec l’Europe?
  • Rendre la journée du 9 Mai férié (car oui le 9 Mai figurez-vous que c’est la journée de l’Europe) et utilisez ce tremplin pour en faire la promotion.
  • Lancer plus de sites au niveau européen. Je bosse dans l’informatique je suis donc bien placé pour savoir qu’une transition d’un site à portée nationale vers une globalité est sûrement une des choses les plus compliquer à réaliser. Cependant rien n’est impossible quand les financements suivent. Allez je lance une idée : Pourquoi ne pas ainsi construire un site qui vous mettrait en relation avec d’autres européens qui partagent les mêmes centre d’intérêt que vous ?

L’objectif est donc de faire des gestes forts, qu’enfin l’on mette les bouchées doubles sur ce sujet important. A plus long terme monsieur madame tout le monde devraient non plus voir les autres pays comme des menaces mais au contraire comme des alliés!

Evidemment la question qui va très vite arriver est « Qui va financer tout ça? ». Réponse simple : vous moi et tous les autres. Aujourd’hui le sujet est trop grave pour se voiler la face : nous n’y arriverons pas si nous ne nous en donnons pas les moyens collectivement.

Réfléchissez-y deux minutes, le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Mettons que cet espace n’est jamais existé et l’on vous en présente le projet : Une association de 28 pays (!) avec un monnaie commune, des envies communes et la volonté d’instaurer la paix dans le monde.
Vous y croiriez ? Non, et bien pourtant cela existe, c’est réel et concret.

¹ Ah et au cas où vous seriez posé la question : ils ont les même abrutis qu’en France. Tapez « Geert Wilders » dans Google ….