Il y a quelques semaines, j’avais rendez-vous sur Skype avec Loïc, un sympathique gaillard qui en plus d’être breton se trouve aussi être interprète langue des signes.

L’objectif ? L’aider à préparer une conférence sur un sujet un peu délicat :
Comment améliorer le workflow de son entreprise grâce à Github ?

Me voici donc Jeudi soir, 20h30, en train d’expliquer ce qu’est un template, un Sha-1 et un stash Github à quelqu’un qui n’a aucun background en informatique … Grosse ambiance, vous imaginez ¹ ;-).

Soixante minutes plus tard est enfin arrivée LA fameuse question : « Mais au fait pourquoi tu codes, c’est quand même un gros truc de barbare la programmation, non ? « .

C’est vrai que vu de l’extérieur la chose peut effectivement sembler peu attirante… Et pourtant, il y a plein de raisons d’aimer coder!

I – Le sentiment de s’affranchir de la contrainte, de créer son propre truc.

Commençons par débouler un mythe, celui du méchant hacker.

Contrairement aux idées reçues cet individu n’est au départ pas quelqu’un de malhonnête. Ainsi, si l’on traduit littéralement le terme anglais, un hacker est un bidouilleur, une personne voulant comprendre comment un système fonctionne pour être à même de le modifier/l’améliorer par la suite.

Par exemple, si un jour vous avez possédé des LEGO vous aussi avez sûrement été un (gentil) hacker :
- On vous a donné un set de briques colorées avec un plan.
- Vous avez assemblé les blocs et puis, lassé, avez sûrement dû commencer à créer vos propres constructions.

Et bien, coder c’est exactement la même chose. On commence par vous apprendre les rudiments du langage, puis en petit à petit vous en venez à créer vos propres structures.

Il en va ainsi de-même pour ce qui est de l’open-source. Mettons que vous ne soyez pas satisfait de telles ou telles fonctionnalités proposées par un programme vous allez pouvoir contribuer à l’améliorer.
En clair, grâce au code vous ne subissez plus la technologie vous la créez. Grisant non ?

II – L’on apprend sans cesse de nouvelles choses.

Cassons une deuxième idée reçue si vous le voulez bien : On ne s’improvise pas codeur.

Ce n’est pas parce que vous avez décrété que, demain, vous allez finir trois tutos du site du zéro d’OpenClassroom que vous saurez coder.
Programmer est une course de longue haleine et avant d’être capable de créer vos propres scripts un peu évolués il vous faudra de longs mois/années de pratique.

La pratique justement parlons-en. Globalement c’est elle qui détermine le niveau d’un codeur : plus vous aurez d’expérience sur un langage et plus vous le maîtriserez. Or, qui dit pratique dit aussi bien souvent lassitude. A réaliser quinze mille fois la même chose on peut malheureusement en venir très vite à totalement se désintéresser de ce que l’on fait.

C’est là que réside toute la magie de la programmation. Comparativement à d’autres domaines d’activité, la technologie est en perpétuelle évolution et il faut donc sans cesse se mettre à jour et apprendre de nouvelles choses.

III – Faire partie d’une grande famille.

Pour ce dernier point repartons du sujet développé en intro : Github.

Grâce à la technologie Git, va allez pouvoir coder en équipe. Mieux encore, si vous choisissez de passer certains répertoires en visibilité publique, d’autres personnes pourront même contribuer à vos projets (collaboratif on vous a dit).
Ainsi grâce à Github vous pourrez donc sans arrêt trouver de nouvelles idées, expérimenter et améliorer vos compétences.

On touche donc du doigt le troisième et dernier aspect que j’aime avec la programmation : Des gens de tous âges et de tous horizons prennent du temps pour développer des projets et faire avancer les choses.

Conclusion :

Au terme de cet article élargissons un peu le débat et regardons du côté des ressources humaines.

Tout récemment en effet, j’ai pu lire cet article rédigé par un DRH à propos des codeurs.

Un article très intéressant² car il nous donne une idée précise de ce que sera le profil du développeur dans quelques années. Quelques points remarquables sont ainsi évoqués :

- Demain la demande de profils techniques sera toujours très forte.
- Aujourd’hui beaucoup voient le poste de développeur comme une étape obligatoire vers un poste de manager.
- Actuellement se sont souvent des ingés qui occupent cette fonction alors que de simples profils techniques auraient suffit.

Ainsi je conclurais cet article en vous posant cette question: à l’heure où l’on parle de chômage de masse pourquoi ne pas enfin sauter le pas et s’essayer à la programmation ?

¹ : … Et à ce propos je dois dire que Loïc m’a impressionné. Ayant préparé son sujet quelques jours auparavant, il avait déjà intégré et compris la majorité des concepts régissant Github; je n’ai fait que lui apporter quelques précisions.

² : A un détail près, le terme « bricoleur ». Outre le fait que je sois très mauvais en bricolage (probablement dû au fait que le dangereux marteaux et sa compagne perceuse m’aient toujours été formellement interdit), je crois fermement en l’idée qu’au départ un programmeur n’est pas nécessairement un technicien piochant bêtement dans sa boîte à outil pour trouver une solution toute faite face à son problème.